Une habitation de prestige

Les deux pièces ( 26 m2 chacune) qui constituent cette demeure sont à la fois modernes, confortables et fonctionnelles.
La pièce du premier étage était la cuisine. L'élément important est la cheminée : assez imposante, elle servait pour la cuisson, le chauffage et l'éclairage. Juste à sa gauche, une niche trilobée renferme l'évier-lavabo où les aliments étaient préparés avant leur cuisson.

Au deuxième étage , l'exiguité des lieux n'autorisant pas la présence de beaucoup de meubles (une table et quelques sièges), le constructeur creusa les murs pour y faire des armoires. Celles-ci, placées assez fonctionnellement, étaient dotées de planches de séparation et d'une porte refermant l'ensemble.

L'épaisseur des murs permet d'y installer des banquettes (gain de place et de lumière). Il pousse même le luxe jusqu'à doter une de ces banquettes d'une minuscule armoire destinée à recueillir de menus objets servant à la couture ou à la broderie.

Il pense à l'isolation en dotant les fenêtres (minuscules pour empêcher le froid et les projectiles de rentrer) de châssis renfermant du verre à vitres, du parchemin translucide ou de la toile huilée, de volets en bois et en plaçant les deux pièces métalliques situées de part et d'autre de l'ouverture et qui étaient destinées à recevoir l'armature soutenant les tentures ou les tapisseries.

L'hygiène n'est pas oubliée grâce à la réalisation d'un coin toilettes dont la discrétion était assurée par une porte. L'évacuation du WC, qui passait par un conduit interne, aboutissait à l'étang. Deux armoires murales (dont l'une pour une chandelle) et une meurtrière assurent l'éclairage et l'aération.

Le luxe et le prestige sont traduits par la pose au sol de petits carreaux de terre cuite vernis et disposés suivant des motifs géométriques remarquables et surprenants.

La stabilité de l'ensemble est assurée par l'emploi de pierres taillées sur mesure, évitant l'emploi de mortier trop friable.

La partie en brique du château a été construite en plusieurs phases au XVIes (aile est, murs intérieurs) et XVIIes (construction d'une galerie d'inspiration toscane). Le château acquiert, dès la deuxième phase, sa vocation résidentielle. La basse-cour est repoussée vers l'extérieur. On ne connaît pas l'affectation exacte de toutes les pièces du château, néanmoins on y retrouve une cuisine bien équipée. L'eau courante y fut amenée dès le XVIIIes grâce à un système de tuyaux en plomb. L'eau était captée à la source située à environ 400m au sud du château. La salle d'armes est quant à elle pavée de petits moellons de grès placés sur chant, et a un caractère exceptionnel. Les murs de la chapelle étaient ornés de fresques, dont certains fragments sont encore visibles.

Le château de Fernelmont est classé en totalité, les remises à chariots, logis, dépendances et deux pavillons d'angles formant l'aile sud (façades et toitures); le porche d'entrée à l'ouest; le porche vers l'étang arrière et l'enceinte ouest, rue des Combattants 47, sont classés comme monuments. Les alentours sont classés comme site.

Previous page: Une maison forte
Page suivante : Glossaire et remerciements